Labubu est un personnage fictif créé par l’artiste hongkongais Kasing Lung, édité et distribué par la société chinoise Pop Mart. Reconnaissable à ses grandes oreilles pointues, ses dents acérées et son expression à mi-chemin entre l’espiègle et le monstrueux, ce petit être est devenu l’un des objets de collection les plus recherchés au monde, aussi bien en figurine qu’en peluche.
Kasing Lung : le parcours de l’artiste derrière Labubu
Avant d’être un phénomène commercial, Labubu est d’abord un projet d’auteur. Kasing Lung est un illustrateur et artiste basé à Hong Kong, spécialisé dans la création de personnages et l’illustration jeunesse. Son univers graphique puise dans les contes nordiques et les créatures de la forêt, avec une touche sombre et enfantine à la fois.
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Labubu est né dans le cadre d’une série baptisée The Monsters, un ensemble de personnages imaginés comme des habitants d’une forêt fantastique. Le caractère distinctif de Labubu tient à un paradoxe visuel : des traits de monstre (dents apparentes, oreilles de créature) combinés à une posture douce et vulnérable. Ce mélange a permis au personnage de se démarquer dans l’univers très dense du designer toy.
Le passage du carnet de croquis à la figurine en vinyle s’est fait grâce à la rencontre avec Pop Mart, plateforme chinoise spécialisée dans les jouets de collection. Cette collaboration a transformé un projet artistique confidentiel en produit de masse distribué à l’échelle mondiale.
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The Monsters et Pop Mart : la mécanique de la blind box
Pop Mart ne vend pas simplement des figurines. L’entreprise a bâti son modèle économique autour de la blind box, une boîte opaque dont le contenu exact reste inconnu jusqu’à l’ouverture. Chaque série Labubu contient plusieurs modèles courants et un ou deux modèles rares, parfois qualifiés de « secret ».
Ce système emprunte aux mécaniques de la carte à collectionner et du gacha japonais. L’acheteur sait qu’il obtiendra un Labubu, mais ignore lequel. L’effet de surprise, combiné à la rareté de certaines pièces, génère un comportement d’achat répétitif et alimente un marché secondaire actif.
La distribution en blind box produit trois effets simultanés :
- Une rareté perçue qui dépasse la rareté réelle, puisque chaque acheteur projette sur la boîte fermée l’espoir du modèle le plus difficile à trouver
- Un contenu vidéo massif sur les réseaux sociaux, où le rituel de l’ouverture (unboxing) devient un format viral à part entière
- Une tension sur le marché de la revente, les modèles rares atteignant des prix nettement supérieurs au tarif d’origine
Pop Mart a ouvert des boutiques physiques dans plusieurs pays, dont la France, et propose ses produits en ligne. Le prix d’une peluche Labubu officielle se situe généralement entre 20 et 60 euros selon la taille, mais les éditions limitées peuvent dépasser largement ces montants sur le marché secondaire.
Origine Labubu et viralité : le rôle des célébrités et des réseaux sociaux
La popularité de Labubu ne s’explique pas uniquement par la mécanique blind box. Le personnage a bénéficié d’une exposition massive lorsque des célébrités ont commencé à afficher leurs collections ou à accrocher des peluches Labubu sur leurs sacs. Ce phénomène de mode a été amplifié par les réseaux sociaux, où le format court (vidéos d’unboxing, présentations de collections) se prête parfaitement au design expressif du personnage.
La viralité de Labubu repose sur un objet conçu pour être photographié et partagé. Les couleurs vives, les expressions faciales variées d’une série à l’autre et le format compact facilitent la mise en scène. Chaque nouvelle série relance le cycle : anticipation, chasse au modèle rare, partage en ligne.
Le succès a aussi attiré un public bien au-delà des collectionneurs de figurines traditionnels. Des acheteurs sans lien avec l’univers du designer toy se sont mis à chercher des Labubu, portés par la tendance sur les réseaux sociaux et la visibilité des peluches dans la mode et le streetwear.

Contrefaçon Labubu : authentifier une figurine ou une peluche
Le revers du succès commercial, c’est la contrefaçon. Le marché des faux Labubu s’est structuré rapidement, avec des copies parfois difficiles à distinguer des originaux pour un acheteur non averti.
L’authentification repose sur un croisement de plusieurs indices, et non sur un seul critère. Les guides spécialisés recommandent de vérifier simultanément :
- L’étiquette officielle et les marquages sous la figurine, qui doivent correspondre aux standards Pop Mart (typographie, mise en page, logo)
- La cohérence du QR code présent sur l’emballage, qui doit renvoyer vers une page Pop Mart valide
- La qualité des finitions, notamment la peinture, les coutures (pour les peluches) et la texture du vinyle (pour les figurines)
- L’emballage lui-même : impression, couleurs, orthographe sur la boîte
Un seul de ces éléments pris isolément ne suffit pas. Les contrefaçons les plus soignées reproduisent correctement l’emballage mais échouent sur les finitions, ou inversement. La méthode fiable consiste à croiser systématiquement au moins trois de ces vérifications avant de conclure.
Du jouet de niche au produit culturel mondial
L’origine de Labubu illustre un parcours devenu fréquent dans l’industrie du jouet de collection : un artiste indépendant crée un personnage, une plateforme de distribution l’industrialise via un modèle commercial efficace (ici la blind box), puis les réseaux sociaux et les célébrités font le reste. La particularité de Labubu tient à la rapidité de cette trajectoire et à l’ampleur géographique du phénomène, avec une présence en Asie, en Europe et en Amérique.
Pop Mart a su transformer un personnage d’illustrateur en franchise mondiale en combinant rareté contrôlée, distribution physique et viralité numérique. Le personnage de Kasing Lung, conçu comme un petit monstre attendrissant de forêt nordique, est devenu un objet de mode, un support de contenu sur les réseaux sociaux et un actif sur le marché de la revente.
Le nouveau règlement européen sur la sécurité des jouets, adopté le 26 novembre 2025 et en vigueur depuis le 1er janvier 2026, pourrait à terme modifier les conditions de mise sur le marché de ces produits en Europe. Il prévoit notamment l’introduction d’un Digital Product Passport et des contrôles renforcés sur les substances chimiques, avec des exigences de fond applicables à partir du 1er août 2030.
Pour les collectionneurs comme pour les revendeurs, cette évolution réglementaire mérite d’être suivie de près.

